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Ce petit pont Bienvenue, Permets moi, à ma manière de ruspino-carthagino-méditerranéo-maghrébo-afro-arabe, de te dire, d'abord, à quel point je te sens proche de mon coeur, toi qui viens à peine de découvrir mon site et que mes yeux n'ont pas encore vu(e). Ceci dit, ce site est mon premier essai accompli de développement web. C'est le fruit de l'une des stations de ma vie, d'un autre périple d'autoformation, au cours duquel j'ai peu appris et, encore, beaucoup à apprendre. je commence donc par te prier d'excuser toute imperfection que tu trouveras dans ce travail désespérément humain. Deux facteurs,subjectif et objectif, m'ont poussé à escalader la toile pour m'y ouvrir cette fenêtre afin de communiquer avec toi. Le subjectif en était le plus fort et, de par la douleur qui l'a enfanté en moi, le plus déterminant. "Etre ou ne pas être, telle est la question" déclamait le Hamlet Shakespearien. Je me fais fort, pour ma part, de reprendre à mon compte cette même tirade que les premiers venus sur terre auraient déjà psalmodiée religieusement. Mais, faute de papier et de plumes à même de nous les faire parvenir, l'écho de leurs voix se serait éteint avec les siècles. Et voilà, que nous assistons au verdict sans appel, exécutable à très court terme, d'envoyer plumes et papier au musée... virtuel, s'il vous plait ! Depuis la création de ce monde, l'homme a choisi sa cause première : l'expression de soi et le signalement de sa présence à l'autre, prochain ou lointain. Il a gravé dans la pierre, allumé du feu, joué au tamtam, dansé. Il a vocalisé, grommelé, donné à ses balbutiements vocaux sens, pour en faire paroles, et formes graphiques, pour en faire lettres et alphabets. Et puis il s'est mis à calligraphier avant d'inventer l'imprimerie, d'éditer et de diffuser à grande échelle. Et puis... Et puis... je suis né. Dans mes gènes, j'ai hérité de mes ancêtres, jamais résignés à l'idée de la mort, la maladie d'exprimer ma présence dans la vie. Et la fièvre de se déclencher en moi, qui demeure encore vivace. J'ai du m'épuiser dans l'acquisition des outils nécessaires à l'expression. Et, quand je me suis cru capable d'ouvrir une première fenêtre pour communiquer avec l'autre, je me suis heurté à d'innombrables obstacles. J'ai crié de toutes mes forces "être ou ne pas être", et me suis juré de les défier, de les contourner. Ce que j'ai passé longtemps à essayer avant de m'apercevoir que les outils dont je disposais allaient subir le même destin que ces échos qui se sont évanouis avec les siècles, autorisant l'histoire à inscrire la question des premiers venus au solde de W. Shakespeare qui a chargé son Hamlet de la poser. "Et maintenant, me suis-je alors lancé, être ou ne pas être ?" Et puis... Et puis la toile m'a ouvert ses bras accueillants*, et ce site est, en fin, là ! Enfin je respire, à pleins poumons, l'espoir ! L'espoir d'être présent là où je suis, là où tu es ! L'espoir de communiquer durablement avec toi ! Scrutons, maintenant, toute cette vaste toile ! Scrutons l'ensemble de notre monde ! Combien d'immenses ravins voyons-nous encore entre nous ? combien d'obstacles érigés à la gloire de l'incommunicabilité entre les peuples, dans un nouveau monde brandissant l'étendard de... la communication ? Entre humains du Nord et du Sud, de vielles civilisations et de nouvelles nations, voire entre gens théoriquement faits, dit-on, pour être du même bord, même si la géographie les éloigne, le courant ne semble pas trop bien passer. Et ce n'est la faute ni aux uns ni aux autres. Face à la rareté, voire à l'absence, de canaux de dialogue, ce site se propose d'apporter un brin de réponse, mieux, un brin de solution pratique. Il se veut une simple pierre dans un pont du dialogue que seule la culture est à même d'édifier entre les plus lointains et pour l'éternité. Ainsi ai-je voulu mon site. Ainsi l'ai-je rêvé. Grâce à lui, j'espère commencer à être. Grâce à toi et à toutes celles et tous ceux de nos semblables qui nous rejoindrons, j'espère adhérer à ce qui nous permettra, ensemble, de relever le défi de la présence égalitaire dans ce que j'ai appelé "la civilisation du contenant virtuel"**. Ce site sera un chantier de construction ininterrompue, jusqu'à ce que j'aie fini, du moins si la mort ne me surprend pas entre temps, d'y graver (héberger) les traces, qui me sembleraient les plus importantes, de mon présent passage dans cette vie. Parmi la matière que j'ai réussi à y intégrer jusqu'ici,"mon petit pont", qui nous permettra de faire, chacun, un pas créateur vers l'autre et mes livres dont principalement "Les Carnets de l'Errance" qui réunissent des textes littéraires de divers genres. Ce sont des textes, encore inédits sur papier, que j'ai écrits sur une trentaine d'années, divisés en trois recueils et mis ici gratuitement à la disposition de tout visiteur qui en userait à titre individuel ou associatif, mais sans but lucratif. C'est d'ailleurs le cas pour tout ce qui paraîtra sur ce que j'appellerais désormais "Les Editions du Ptypont" Il me semble entrevoir une question sur le bout de ta langue : et tes droits d'auteur ? Ma réponse est que je ne me suis livré à l'écriture et, en général, aux différents exercices d'expression artistique, que pour me convaincre de mon existence et m'en fournir la preuve qu'est cette somme de traces que je suis en mesure de laisser après moi. Je me contenterai donc, pour tout salaire, de te voir participer à la vie de ce site, en m'écrivant quelques mots dans mon livre d'or qui m'indiqueront que mon message est bien parvenu. Et, si tu trouves intéressants le dialogue et autres jeux que je proposerai, et que tu viennes à y prendre part, alors ce serait, pour moi, une rétribution de loin plus importante que tous mes droits additionnés. J'espère que tu vas trouver intéressant le contenu que j'ai mis sur "La Place du Ptypont" et que tu demeureras, pour moi, ce que je ne cesserai d'être pour toi : l'interlocuteur conscient et toujours ouvert. Avec toute mon amitié Salem Labbène * A "Tripod Canada" où étaient hébergés, depuis fin 2000, mes premiers balbutiements de développement Web et mes premiers sites perso, et maintenant, à la généreuse "africacomputing.org", tous mes remerciements. * Voir, ici, mon opuscule : "L'internet en Tunisie : Une approche consciente de la civilisation du contenant virtuel".
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