Julie Guizzetti !

J'ai lu tes "salades..."

Attention Brouillage !

Le Choix du modèle qui m'a servi à proposer ce pseudo Nu de J. comme Julie a été dicté par le besoin d'une parfaite ressemblance entre J. comme Julie, telle que je l'ai reconnue à travers ses répliques dans le dialogue hors texte (vous pouvez immédiatement voir ci-dessous, mais il serait préférable de laisser le charme de la découverte), et la  photo de Julie Guizzetti, vue de dos, telle qu'à moi envoyée par l'auteur des "Salades...", pour les besoins de sa page sur "ma fenêtre ouverte"  !

Salem


 

Une histoire de J. comme Julie ou

comme jeu... d'écriture

Par S. Labbène

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            Le présent récit se veut une sorte d’introduction rapide à un univers que j’ai intimement et subjectivement aimé pour ce qu’il est : l’univers du pseudo roman de Julie Guizzette « Salades de morte-saison ».

            Sans vouloir émettre un jugement de quelque nature que ce soit, je dois avouer que ce texte m’a redonné le goût de me livrer à un exercice que j’affectionnais : la « lecture/identification »[1].

            Ce récit est donc surtout une sorte d’embryon pour un projet de texte[2] critique que je pourrais intituler provisoirement « Absurde de l’absurde : l’anti-art, l’anti-technique dans [Salades de morte-saison] de Julie Guizzeti » !

            Mais un embryon a besoin d’être fécondé, puis de n’être pas avorté !

            Cet embryon est bien là ! Je le sens qui tente de prendre racine en moi. Et l’espoir est toujours permis… de le laisser traîner en compagnie de dizaines d’autres projets inaboutis  !

           

            Il était une fois, J. !

            Faut vous dire d’abord que J., qui est le personnage de mon récit, est une copie quasi conforme d’un être qui existe bel et bien dans la vie réelle. Il s’agit de Julie. Julie Guizzetti, plus précisément !

            Et Julie de la vie réelle est, indiscutablement, une femme ! Je le précise dès le départ pour lever toute équivoque qui naîtrait d’une quelconque remise en question de la véritable identité de J. !

            Julie, de la vie réelle donc, a signé un texte intitulé « Salades de morte-saison ». Lequel texte a été édité par « manuscrit.com » en tant que « roman ». C’est tout à fait leur droit de le cataloguer ainsi. Comme s’est tout à fait de mon devoir envers J. de le considérer comme un « pseudo roman » !

            Me considérant comme un ami, Julie, celle de la vie réelle, m’a fait l’amitié de m’envoyer une copie du manuscrit de « ses salades », identique à celle qu’elle a envoyée à son éditeur. C’est que de mon coté, j’avais offert à Julie, de la vie réelle toujours, une page dans la rubrique « ma fenêtre ouverte » de mon site « Leptypont » !

***

            Ces points bien disposés sur leurs « Is », je reprends depuis le début mon récit :

            Il était donc une fois, J. comme Julie, une écrivaine qui n’en était pas une ! Et pour cause, elle n’avait encore rien publié. C’est donc qu’elle n’était pas reconnue en tant que telle !

***

            Mais non, mais non !  Faut que je recommence tout !

            Bon ! Il était une fois, J. comme Julie, une écrivaine qui ne se reconnaissait pas en tant que telle. Mais qui avait plein de choses à dire ; à écrire pour être plus précis ! Voilà le hic !

            Faut dire que J. était artiste, par ailleurs, et qu’elle se reconnaissait sa qualité de créatrice, plasticienne pour être plus précis ! Elle était d’ailleurs reconnue par la scène culturelle et artistique environnante. Mais en tant que plasticienne, rien de plus !

            Et, en tant que telle, J., l’artiste plasticienne, ne faisait pas dans le prêt à commercialiser. Elle était habitée par ce que j’appellerais une soif de l’innovation, ou plutôt par une tendance à la souffrance qui conduirait à l’innovation, ou par la poursuite d’une sorte de rêve d’innovation, quitte à n’en cueillir, à la fin, que des chimères !

            Car faut vous dire que  J. abhorrait, pour reprendre une expression du Haïkuteur, « le chemin bien droit, bien lissé, bien goudronné»[3]

***

            Tiens, tiens, la contagion commence à faire que je me cache derrière l’un de mes pseudos d’internaute. Mais, comme je tiens à la transparence de ce récit, et que j’ai tendance à me laisser, parfois, influencer par un certain Bertolt Brecht, surtout dans son jeu de la distanciation, je dois observer, ici, une pose, pour vous avertir que le fameux « Haikuteur » n’est autre que moi, Salem Labbène.

            Vigilance, amis lecteurs, faut m’aider ! Faut faire attention avec moi, la prochaine fois, si jamais il m’arrivait d’oublier de vous alerter à temps !

***

            Belle tirade brechtienne n’est-ce pas ! Bref ! Je reprends mon récit :

            Alors, il était une fois, J. comme Julie Guizzetti, artiste plasticienne qui avait beaucoup à écrire et qui, pour éviter toute sorte de tracasseries en rapport avec son statut d’écrivaine non reconnue, par elle même d’abord et par la scène culturelle surtout, avait décidé de se cacher derrière un ou plusieurs pseudos pour écrire un roman, non destiné au circuit commercial. Un roman où elle donnerait libre cours à toutes ses fantaisies, voire à tous ses fantasmes.

            J. comme Julie voulait être l’auteur d’un roman où elle aurait essayé, sans restrictions et à sa propre convenance, toute sorte de techniques, d’ordinaire peu attirantes pour les romanciers. Des techniques qu’elle aurait mélangées, au hasard de son humeur du moment, comme on mélangeait des couleurs indépendamment des règles qu’on avait apprises aux beaux arts pour ce faire ! Et ces couleurs, elle les puiserait dans des substances et des matières différentes encore inexplorées. Elle les appliquerait sur des supports que d’aucuns jugeraient inadaptés !

            J. comme Julie voulait se livrer ainsi à une véritable « cueillette de hasard »[4], pour citer le même Haikuteur qui, à l’époque,  ne s’appelait pas ainsi.

***

            Je profite de cette citation pour ouvrir, ici, une petite parenthèse, afin de vous demander de vous méfier, en  lisant ce récit, de cette expression : « J. voulait être l’auteur d’un roman où… ».  Je vous avoue que je n’ai lu, ou entendu, nulle part, une déclaration de J., comme Julie Guizzetti bien évidemment, où elle aurait fait clairement état d’une telle intention.

            C’est qu’en lisant un texte, n’importe quel texte, de fiction surtout, je suis de nature, très enclin à extrapoler. Eh oui ! Et en extrapolant à affirmer, sans gène, la validité d’une hypothèse et de son contraire. Et puis surtout à m’impliquer, partout, dans ce que je lis, en une sorte d’identification ou d’immixtion dans le texte lu, à la limite de la pathologie !

            Tiens, par exemple, j’ai, en ce moment, la ferme conviction que J. comme Julie, en écrivant ses « salades de morte-saison », ne voulait pas écrire un roman, comme je viens de l’affirmer à l’instant même, mais tentait plutôt d’apprendre à écrire un roman, voire à écrire tout court !

            J’avoue, pour être sincère, que je profite ici, souverainement, de mon rôle d’auteur de ce récit, pour valider cette hypothèse dans l’unique intention de me retrouver personnellement dans ce que J. a fait tout au long de l’écriture de « nos salades » !

            Attention donc, amis lecteurs ! Je ne vous alerterais jamais assez sur les contrevérités et autres « salades » que je commence déjà à semer, et que je sèmerais encore, tout au long de ce récit, dans le noble objectif « scientifique » de me trouver une place de titulaire à  l’intérieur même du texte de J. comme Julie, personnage de mon récit, faut-il, à nouveau, le préciser.

            C’est que cette position me permettrait de vous rapporter les secrets qui passeraient sous le nez de tout « lecteur externe » !

            C’est donc un travail d’autodidacte que nous entreprenons, J. et moi, en écrivant, sous la signature de J. comme Julie, « nos salades de MS ».  

            Dans ce cas, pourrait-on dire, « les salades… » n’auraient été conçues que pour retracer l’itinéraire d’une autodidacte qui avouerait publiquement ses propres limites intellectuelles et techniques et ses balbutiements et autres tâtonnements par lesquels elle aurait cherché à les repousser autant que faire se peut !

            Et là, je serais tenté, pour mieux affirmer ce lien de camaraderie autodidactique avec J. comme Julie, d’employer un concept que j’ai déjà utilisé dans un autre essai[5]. Ce qui reviendrait à dire que « les salades » ne seraient qu’une porte que J. comme Julie aurait ouvertes sur une sorte de « cuisine interne » où elle avait pratiqué une sorte d’ apprentissage à vue !

***

            Pour refermer cette parenthèse et reprendre mon récit, je dirais, donc, qu’il était une fois J. comme Julie, une artiste plasticienne diplômée d’une université reconnue, enseignante d’arts plastiques dans des institutions publiques, mais qui avait le culot de se voir aussi bien dans la peau d’une écrivaine.

            C’est ainsi qu’elle avait décidé de prendre son clavier d’ordinateur - ou sa plume, on ne le saura jamais clairement tellement elle avait brouillé toutes les pistes – et de parcourir un chemin initiatique personnel dont elle ignorait l’issue, avec le désir ardent de laisser des traces visibles de son apprentissage, de les conserver pieusement et, mieux encore, de les exposer tels quels à la curiosité de tous.

            En autodidacte, J. comme Julie ne devait reculer devant aucune difficulté pour arriver à maîtriser la science qu’elle désirait posséder. Reconnaissant qu’elle avait tout à apprendre de ce « métier », elle avait décidé d’y entrer comme dans une sorte de pratique mystique, de religion sans livre de commandements, de long pèlerinage où elle se devait d’emporter les provisions les plus légères mais les plus consistantes.

            Pour toutes provisions, J. comme Julie avait emporté un programme d’action auto-formatrice s’articulant autour de trois axes et s’étalant sur une douzaine d’années à passer dans les conditions de quasi-isolement nécessaires à ce périple d’apprentissage / méditation.

***

            Bon ! Voilà que je recommence à fabuler ! D’où ai je pu inventer ce « programme d’action  sur une douzaine d’année » ? J’ai l’imprudence chronique de me fourrer dans des impasses méthodologique d’où je ne sais comment sortir !

            Bon ! Je crois vous devoir d’observer, ici, une pose, pour aller chercher, dans « les salades » ou ailleurs, ce qui m’a fait définir, avec cette précision, la période sur laquelle s’étalait ce prétendu programme d’action et les trois axes autour desquels il se serait articulé !

***

Interlude

« Le rideau se lève sur les deux hommes et Jeanne, dont les bras sont encore entravés, dans un décor qui est l’arrière du décor, c’est à dire les coulisses. »[6]

Le premier homme s’en va, le second sort et Jeanne revient en courant à la scène pour saluer son public qui n’arrête pas d’applaudir. Les applaudissements en fond sonore, ceux qui restent en coulissent discutent :

Lui : Dis donc toi, tu aimes le théâtre ?

Elle : Ben ouais, en fin si tu veux, si tu n’y exprimes rien de particulier ! C’est ça qui serait intéressant !

Lui : Ah bon ! Et les autres spectateurs, tu crois qu’ils aimeraient suivre un discours sans objet ?

Elle : Mais qu’est-ce que tu crois ? Un spectateur, c’est fait pour suivre un discours. Un point c’est tout !

Lui : Déjà ?

            Elle : Déjà quoi ?

Lui : Tu viens de dire « c’est tout » !

            Elle : Mais non, j’ai pas dit « c’est tout » !

Lui : Qu’est ce que t’as dis alors ?

            Elle : J’ai dit : « c’est fini les mecs on ne joue plus »[7]

Lui : dommage ! Rideau alors…

« fin de la scène II, acte précédent »[8] 

***

            Tiens, me revoilà ! Je ne sais pas si on s’est bien occupé de vous pendant mon absence ! Mais ouf ! J’ai vraiment de la chance ! Je suis, maintenant, certain de ce que je viens d’avancer.

            J’ai trouvé la preuve : un paragraphe que je vous livre aussi fidèlement qu’un « copié/collé » et où l’auteur des « salades », Julie Guizzetti de la vie réelle si je ne me trompes pas sur son nom, parle sans équivoque d’une expérience de création plastique qu’elle a menée et qu’elle désigne dans ce roman comme étant des « Blocs de Temps Stratifié » ou « B. de T. S »[9].

            Mais attention ! Rien ne prouve, qu’en lisant « les salades », vous allez retrouver ce paragraphe tel que je l’insère ici  :

            « Ce travail particulier se compose de 12 pièces de petite dimension (140 x 140 mm) dont la hauteur est variable en fonction de l'âge de chaque bloc. Ces blocs sont en fait un agglomérat de matériaux divers: tickets, factures, dessins, écrits et micro-sculptures que je modèle à partir d'une pâte synthétique. Tous les jours, j'étends sur chacun des 12 blocs une couche faite de "souvenirs" de ma journée écoulée, traces figées pour un journal en devenir et en quelque sorte mon archéologie à l'envers ! 12 blocs pendant 12 années. »[10]

            Où ai-je pu, donc, piquer cette citation, si ce n’est dans les salades ? Surtout que là où j’ai trouvé ces propos explicatifs, le nom donné aux fruits de cette expérience plastique n’est pas « B de TS » mais « §§§Attention attention§§§Ici bandeau noir§§§§En hommage §§§§ à ma censure chérie ;-))§§§§ »

            Je crains d’être contaminé par l’esprit d’intrigue que J. comme Julie développe tout au long de son pseudo roman pour nous faire délibérément douter de tout ce qui se rapporte à sa véritable identité y compris de son sexe et de ses choix et pratiques libidineuses !

***

            Mais où me suis-je donc fourré là ? Bref ! Je reviens, illico presto, à mon récit :

            Il était donc une fois J. comme Julie, une plasticienne maîtrisant à la perfection l’art de cultiver l’intrigue et l’interpénétration !

            Interpénétration de sa propre vie avec la fiction qu’elle nous propose … interpénétration des techniques d’écriture de manière à faire cohabiter, dans un même espace d’expression, théâtre, récit, nouvelle, mémoires, essai, poèmes, roman et que sais-je encore … Interpénétration de l’écriture/thérapie avec l’expression purement artistique  !

            Il était une fois J. comme Julie, un personnage de mon récit ! Un de ces personnages dont on rencontre rarement dans la vie courante !

            Il s’était enfermé, quasi mystiquement à double tour, pendant une douzaine d’année, dans un appartement d’où il ne sortait que pour ses besoins les plus stricts de survie.

            Il s’était donné pour mission de nous raconter, quasiment au jour le jour, le récit de son apprentissage laborieux mais aussi stressant qu’ennuyeux, de l’écriture. Que dis-je là ? De l’art ! Que dis-je encore ? De l’art d’être artiste ! Mais non ! Le récit de son apprentissage de soi tout court ! N’est-ce pas là le grand art ?

***

- J. comme Julie !

-

- Tu es là ?

- Oui !

- Je me surprends à parler de toi au masculin !

- Je vois ! Et alors ?

- Alors, alors tu est quoi ? Un homme ou une femme ?

- C’est comme tu veux ! C’est toi qui m’a créée, non !

- Si, si ! Mais Je tiens à ce que tu sois à l’image de Julie ; Julie Guzzetti de la vie réelle !

- Et alors ?

- Alors j’ai des doutes !

- Chut… T’as pas honte ?

- Si ! C’est même ça mon problème. Mais ce que je lis sème tellement la confusion, que je ne sais plus à qui j’ai affaire. J’en arrive à me demander si le pseudo roman « salades de morte-saison » n’a aucune existence !

- Comment ça ? Qu’est ce que tu as lu alors ?

- J’ai, en vérité, lu deux romans, ou pseudo romans, distincts : « L’incongrue » signé par une écrivaine du nom de Zoé Mathurin et « L’inachevée » signée par une toute autre écrivaine du nom de Louise Lameman !

- Mais tu sais maintenant que ce ne sont que deux pseudos que j’ai inventés pour semer un flou artistique sur la véritable identité de l’auteur des salades.

- Euh … Mmoui, je sais ! Et puis non, non et non !

- Comment ça non ?

- Ne commence pas à cultiver l’intrigue toi aussi ! J’ai assez de tracasseries comme ça ! Toi tu es J. comme Julie, personnage de mon récit à moi ! Celle qui a inventé les pseudos auteurs des deux pseudo romans de son pseudo roman, c’est Julie, la vraie, Julie Guizzetti !

- D’accord, d’accord, ne crie pas comme ça !

- Pardon ! Je ne voulais pas t’engueuler ! Je suis un peu sur mes nerfs !

- Faut peut-être voir un psy !

- Ce serait alors une « lecture contamination » plutôt qu’une « lecture identification » !

- Tu crois que l’expérience ne vaut pas le coup ?

- Le problème c’est que je commence à me demander si la vraie Julie n’est pas, elle aussi, un simple personnage comme toi, un simple pseudo derrière lequel se cacherait je ne sais qui ! Quelqu’un qui n’aurait même jamais vu un psy de sa vie ! Un homme peut-être !

- Laisse tomber ! Tu te laisses aller là à une monstrueuse fabulation. Tu ne vas pas du tout t’en sortir. Dis-toi bien que tout ce que tu as lu c’est de la fiction !

- Je sais que c’est de la fiction. Et puis je voudrais bien m’en tenir à une lecture de pure fiction. Mais il n’y a pas une ligne où l’auteur ne cherche à me convaincre que réalité et fiction ne font qu’une !

- Ne la crois pas !

- On dirait qu c’est un être qui se démultiplie en une infinité de personnages qui sont de véritables clones de lui-même, pour leur faire jouer des rôles, dans une fiction qui se démultiplie elle même en des fictions à n’en plus finir pour nous convaincre qu’il ne s’agit que de la réalité.

- Ne la crois pas !

- Mais observe bien les personnages ! Comme les faits, ils reproduisent le schéma des poupées russes cachées les unes au sein des autres ! Il est vrai que ce sont des personnages souvent féminins, mais parfois ils sont vraiment équivoques !

- Ne la crois pas, je te dis !

- Alors tu es sûre que c’est une femme !

- Moi ? Non, je ne suis sûre de rien ! J’ai seulement les convictions que tu veux bien m’inculquer !

- C’est vrai ! Je n’y ai pas pensé ! Alors c’est moi qui serais convaincu que c’est une femme !

- Allez laisse tomber et termine ton récit. Les lecteurs commencent à s’impatienter !

- Tu crois ? Je ne sais plus où j’en étais !

- Tu parlais d’un programme d’action auto-formatrice en trois axes et douze années.

- Ah oui, c’est vrai !

***

             Oh pardon ! J’ai comme l’impression de m’être un peu assoupi ou d’être parti dans les nuages !

            Ne m’en voulez pas, amis lecteurs ! Je vais de suite reprendre mon récit là où je l’avais interrompu. J. comme Julie vient de me dire que j’en étais à vous parler d’un programme d’apprentissage en trois axes.

            Je vous préviens que J. comme Julie n’a jamais parlé, dans son pseudo roman, de la préparation consciente d’un tel programme. C’est plutôt moi qui, en me projetant dans ce texte afin de le lire « en interne »,  ai découvert ce programme. Je vous le livre comme un scoop :

 Axe premier : J. comme Julie voulait réfléchir sur son art, le plastique, avec un support pratique « les B. de T. S. » ou « §§§Attention attention§§§Ici bandeau noir§§§§En hommage §§§§ à ma censure chérie ;-))§§§§ ». Mais à travers l’art plastique, elle réfléchissait sur l’art en général, celui qui se manifestait chez elle, entre autre, dans cette volonté d’écrire ou d’apprendre à écrire un roman.

 Axe second : J. comme Julie voulait explorer ses propres limites intellectuelles et techniques comme s’il s’agissait de diagnostiquer une maladie psychologique qu’elle aurait contractée et qu’elle voulait guérir par  une sorte d’auto-analyse.

 Axe troisième : J comme Julie voulait s’imposer une pratique quotidienne de l’écriture, à la fois comme thérapie et comme art, comme « arthérapie » s’il m’est permis d’utiliser un tel néologisme.

***

            Bon ! Assez d’ouvrir, ainsi, des parenthèses qui n’en finissent pas de s’imposer à moi et que je n’arrive plus à tout à fait bien fermer ! Je reviens une fois pour toute à mon récit :

            Il était donc une fois J. comme Julie, personnage d’un récit qui commence à m’épuiser. D’un récit qui ne tient debout ni à la manière des autres récits, ni à la manière des essais critiques connus et reconnus par les gens de lettres et autres académiciens. D’un récit qui doit donc immédiatement prendre fin, car condamné par son propre auteur à n’être qu’un embryon de texte à classer parmi ses projets inaboutis !

 

Fin.

Tunis 2 Juillet 2004

***

- Salop !

-Qu’est ce qui te prend, J. comme Julie, à m’insulter comme ça ?

-Tu n’as pas le droit de finir ainsi ce récit, en queue de poisson.

-Et pourquoi donc ?

-Tu infliges à ton texte une mort subite.

-C’est mon texte, non ! J’en fais ce que je veux.

-Et moi alors ?

-Qu’est-ce que tu as, toi ?

-Tu vas m’envoyer encore une fois dans une boite d’archives ?

-Je n’utilise plus de boites d’archives depuis des années déjà. Tu seras dans un dossier classé dans le disque dur de mon ordinateur !

-Tu crois qu’il y a une différence ? Je ne veux pas continuer à moisir comme ça moi !

-Attends un peu ! Il me semble reconnaître là un dialogue que j’ai déjà écrit !

-Euh… Non, non, tu te trompes ! C’est la première fois que tu inventes un personnage appelé J. comme Julie ! Et puis pourquoi tu veux cacher aux lecteurs le fait que tu as aimé mes salades ?

-Non, je ne veux pas du tout le cacher ! J’ai bien aimé ce texte !

-Tu ne trouves pas que c’est un travail, assez complet, de recherche sur la forme de l’écrit ?

-Assez complet, peut-être bien ! Mais faut encore s’y attarder pour avoir une idée plus claire ! En tout cas c’est un texte qui mérite bien d’être lu par les écrivains et autres artistes. Ceux, surtout, qui veulent bien approfondir la réflexion sur leurs pratiques artistiques !

-Pourquoi tu ne dis pas qu’il mérite tous les éloges ?

-Tous les éloges ? Tu exagères un peu là ! Mais tu ne réussiras pas à m’attirer sur le terrain de la complaisance. D’ailleurs je n’émettrai aucun jugement sur ce texte avant de l’avoir relu plusieurs fois !

-En auras-tu jamais le temps ?

-Je n’en sais rien ! Tout ce que je sais, c’est que si je vais m’y mettre, ce serait beaucoup plus sérieusement que tu le penses ! Ce qui demanderait énormément de temps !

-Et moi ? Comment tu me trouves ? Comme personnage, je veux dire !

-Comment je te trouve ? Je ne sais pas ! Bien ! Vraiment bien ! Pourquoi ?

-Embrasse-moi ?

-Ah non, J. comme Julie ! Jamais ! Zut alors ! Je t’ai dit, depuis une dizaine d’année déjà[11], que je n’embrasse pas mes personnages !

-Voilà, voilà je me tais !

-J. comme Julie !

-Oui !

-Je sais qui tu es en vérité ! Je l’ai deviné ! Tu n’es même pas J. comme Julie ! Et puis ne me dis plus « je me tais » ! Je comprends ton verlan ! Et maintenant Tu vas vraiment te taire et rester sage dans ton dossier d’ordinateur. Je mets un point final à ce dialogue et à ce hors texte.

  Fin du hors texte.

 Salem Labbène - Tunis 02/07/2004

 


[1] J’ai pratiqué cet exercice essentiellement en arabe, jusqu’en 1990/1991. Entre autre avec l’œuvre du romancier égyptien Mohamed Mensi Qandil (long article publié par « waraqat Thaqafya » du journal tunisien « Assahafa ».

[2] Pour le style, ce texte s’approprie celui d’un autre embryon. Un embryon, de récit celui là, que j’ai intitulé « Il était une fois aux Swanis » ! J’avais entamé l’écriture dudit récit en plein hivers 2003/2004, avant mon inscription à « écrire en liberté » !

 

[3] expression utilisée dans un texte en langue arabe intitulé « le chemin » et  inséré dans le spectacle du groupe LEPTYPONT intitulé « Un pont pour autrement lire » ! 

 

[4] Un projet d’exposition personnelle né en 1990 et classé en bonne position parmi les « avortés » et dont ne subsistent que quelques peintures sur carton non encadrées.

[5] Toute proportion gardée, je rapproche arbitrairement « les salades » de Julie Guizzetti de mon texte s’intitulant « T’as de beaux yeux, tu sais ! intrusion dans la « cuisine interne » du dramaturge et scénariste-dialoguiste Jaques Prévert ». Texte téléchargeable sur mon site web.

[6] Les salades – P 225 (choisie au hasard) !

[7] Les salades –  la même page choisie, vraiment au hasard !

[8] Les salades –  la même page où, entré par effraction aux coulisses, j’ai prémédité de défigurer la scène !  

[9]  Les salads – P 250.

[10] Aussi non scientifique que cela va vous paraître, je suis désolé de devoir, ici, faire valoir mon droit à cacher mon jeu ! A vous de deviner d’où  vient cette citation !

[11] Veuillez excuser le chevauchement entre mes textes ! Je me rends compte maintenant que ce personnage, qui dialogue avec moi hors texte, n‘est autre que celui du putain de ma nouvelle en langue arabe « La clé ». Ce même personnage s’est déguisé, une première fois, dans les années 1990, pour prendre la place de l’intruse dans mon pseudo scénario, en langue arabe toujours, « Les fourneaux de braise ». Et le voici maintenant qui se naturalise français pour se faire passer pour J. comme Julie !